All about… ma peur de conduire

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Bon bon bon, cet article n’est pas facile à écrire car il est très personnel, mais je pense que je ne suis pas la seule dans ce cas, et j’espère donc aider ceux ou celles d’entre vous qui connaissent ce problème qu’est l’amaxophobie…autrement dit, la peur de conduire.

Chaque vécu, chaque histoire est unique, donc mes conseils ne seront certainement pas valables pour tout le monde, mais je pense que de savoir qu’on n’est pas seul à être dans cette situation, aide déjà beaucoup. Pour ma part, en tout cas, lire des témoignages similaires m’a aidé à avoir envie d’aller de l’avant et de régler ce souci.

Je commence donc depuis le tout début: mes leçons de conduite. J’ai passé mon permis en un nombre assez honteux de leçons, soit une bonne soixantaine. Ce qui se passait, est que mon moniteur était quelqu’un de très peu pédagogue et manquant cruellement de tact. Chaque leçon était un supplice: si je faisait un erreur, mon moniteur me rabaissait sans vraiment réussir à m’expliquer calmement ce que je faisais de mal. Résultat: je me décomposais, enchaînant ensuite les boulettes et ne comprenant jamais comment faire les choses correctement.

A force de stresser avant et pendant chaque leçon, j’avais une peur bleue d’aller à l’auto école. J’annulais mes leçons et essayais de les espacer le plus possible. Je sortais des leçons trempée de sueur avec une migraine énorme due au stress. Bref, au final, je devais prendre une leçon par mois… et encore. Ce qui, je le concède, n’est vraiment pas l’idéal pour progresser et pour apprendre.

Enfin, voilà, ce qui fait que j’ai vite atteint ce nombre d’heures de conduite, sans vraiment évoluer. C’est au bout de trois ans, que je me suis mis un coup de pieds aux fesses, puisque mon code n’allait plus être valide si je ne passais pas mon permis avant le mois d’octobre.

J’ai donc pris sur moi pour accélérer – il était temps – ma formation. J’ai eu la chance d’avoir quelques leçons avec un nouveau moniteur mais qui n’est pas resté très longtemps malheureusement. Ces leçons là se passaient très bien, et j’ai pu beaucoup apprendre. J’ai eu des leçons la veille et deux heures avant l’examen, et j’enchaînais encore les boulettes; je n’y croyais donc pas du tout, mais bon, je devais essayer.

L’examen s’est déroulé sans AUCUN souci. Je n’ai fait aucune erreur, j’ai conduis de manière posée, tout s’est bien passé. J’ai donc eu mon permis de conduire du premier coup – bon ok après 60 leçons quand même -, mais c’était enfin réglé, je ne voulais plus y penser.

Cependant, l’erreur que j’ai faite a été de me dire ça justement : « c’est fait on en parle plus ». Je suis partie en études dans une ville ou je vivais à 500 mètres de mon travail et de la fac, donc je n’ai pas eu besoin de conduire. Mais voilà, quand plusieurs mois plus tard j’ai eu besoin de rouler… bim… gros blocage, des sueurs froides, les jambes qui tremblent, et impossible de rouler.

J’ai bien essayé de faire quelques kilomètres mais c’était toujours le même problème: un manque cruel de confiance en moi. La cause, je l’ignore à vrai dire. Enfin, je pense surtout que c’est un enchaînement de choses: les remarques de mon moniteur me faisant penser que j’étais nulle, avoir laissé ce sentiment s’installer en ne prenant pas le volant seule après avoir obtenu mon papier rose, le fait de ne pas avoir pratiqué suffisamment et donc de n’avoir pu acquérir les automatismes et réflexes indispensables, etc.

Bref, le résultat était là: un peur bleue de prendre le volant. Je tremblais rien que d’y penser.

J’ai essayer de rouler quelques fois avec des proches, mais après 500 mètres j’avais besoin de m’arrêter car ça n’allait pas. Parfois, l’angoisse était tellement forte que j’en perdais littéralement mes moyens. Ca n’a jamais posé de souci mais je me dis que ça aurait pu.

J’ai pensé à reprendre des leçons de conduite, afin de comprendre comment rouler correctement et de prendre confiance en moi. La première leçon s’est bien passée mais ensuite, la nana de l’auto école n’a fait que m’appeler pour annuler / décaler mes heures programmées pour « laisser la priorité aux leçons pour le permis ». A force, ça m’a saoulé de devoir constamment repousser; car avoir un cours tous les 2 mois, n’allait vraiment pas m’aider et j’allais payer des leçons dans le vent. J’ai donc laissé tomber cette option.

Et puis, il s’est passé de longs mois sans efforts de ma part. Je ne m’étais pas résignée à ne jamais rouler car j’en avais plutôt honte mais je m’y faisait, bien que le souci soit handicapant dans la vie de tous les jours, que ce soit personnellement ou professionnellement. J’ai longtemps hésité à aller voir un psy pour essayer de trouver une solution. Je n’ai pas testé, j’ignore si ça aurait pu aidé. J’ai aussi pas mal traîné sur des forum pour lire les expériences de personnes dans le même cas. Ca m’a un peu aidé à relativiser et à ne plus avoir honte. J’ai donc à mon tour réussi à en parler autour de moi. Les gens étaient, pour la plupart, compréhensifs et m’ont même parfois aidé à trouver une solution.

Et d’ailleurs ça a été le cas de mon patron, qui un jour en revenant d’un resto, m’a proposé sur le dernier kilomètre avant de rentrer à l’agence, de conduire sa voiture avec boîte automatique. J’ai de suite refusé en paniquant, et puis, je me suis lancée. Je me suis dit qu’il fallait que j’essaye et que c’était peut-être une solution pour palier au fait que faire plusieurs choses en même temps au volant (débrayer, passer ma vitesse, relever le pied doucement, garder ma trajectoire, regarder devant moi, veiller aux panneaux, etc) me paraissait impossible. C’est peut-être bête mais c’est vraiment le sentiment que j’avais.

J’ai donc pris mon courage à deux mains pour rouler avec lui. Ca s’est très bien passé, et même pour ces quelques centaines de mètres, j’étais juste… fière de moi et j’avais envie de recommencer. Ce fût déjà un énorme pas en avant pour moi!

J’ai donc décidé de ne pas m’arrêter là, et j’ai demandé à mon patron, partenaire avec une concession dans le cadre de l’entreprise, d’essayer une voiture automatique sur quelques heures. Une collègue m’a donc emmené un après-midi, pour essayer une Mini à boîte auto. Elle m’a beaucoup encouragé et aidé à prendre confiance en moi; j’avoue que je tremblais comme une feuille avant l’essai. Elle est restée à mes côtés, à me conseiller quand j’avais un doute sur l’action à faire au volant et ça m’a beaucoup rassuré.

L’essai s’est très bien passé; j’en suis ressortie très enthousiaste et très fière. Je l’avais fait et j’avais envie de rouler à nouveau.

J’ai donc parlé à ma collègue et à mon patron de mon envie d’avoir une voiture d’entreprise, ce qui, j’en étais convaincue, allait m’aider à vaincre cette peur une bonne fois pour toute. Il le fallait! Et voilà, 3 mois après, je vais chercher ma jolie Mini avec ma collègue. Sur la route du retour, je suis seule pour la première fois au volant d’une voiture!!! Au téléphone en bluetooth, elle me guide et me rassure et je rentre à l’agence comme une pilote avec un sentiment énorme de fierté.

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Tout s’est bien passé, certes j’ai fait quelques ‘erreurs’ – comme quelqu’un qui débute – que j’ai vite compris. J’ai aimé rouler, je me sens juste bien au volant de ma voiture et je suis ravie. J’appréhende encore quand je dois emprunter une route que je ne connais pas ou quand je dois faire des manœuvres un peu complexes, mais je pense que cela viendra avec la pratique et avec le temps.

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J’ai fait le plus gros, je conduis enfin, j’ai vaincu cette peur et j’en suis plus que ravie.

Je n’ai donc pas vraiment de conseils à donner si vous avez le même problème, mis à part, de ne pas avoir honte d’en parler autour de vous, car quelqu’un aura peut-être une solution pour vous aider et en parler aide parfois à se remettre en question. Et surtout, n’arrêter jamais d’essayer, car même si ces essais sont des échecs, ils vont aideront à savoir ce qui fonctionne ou ne fonctionne pas dans votre démarche.

J’attends vos commentaires ou vos témoignages avec impatience.

— Je vous embrasse —

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